Les utilisateurs de logiciels libres

octobre 5th, 2009

Vous utilisez Firefox, OpenOffice.org ou The Gimp ? Alors vous avez rejoint peut-être sans le savoir la grande famille du logiciel libre.

Un logiciel libre, qu’est ce que c’est ce truc ? Les autres logiciels sont des esclaves ?

Un beau jour du début des années 80, un hacker barbu du nom de Richard Matthew Stallman (RMS) décida de créer un système d’exploitation que tout le monde pourrait modifier et améliorer comme il l’entend. C’est le projet GNU.

Il se mit aussi à écrire un contrat de licence pour ses logiciels, GNU/GPL, basé sur quatre libertés qu’il identifia :

  • Liberté 0 : La liberté d’exécuter le programme — pour tous les usages ;
  • Liberté 1 : La liberté d’étudier le fonctionnement du programme — ce qui suppose l’accès au code source ;
  • Liberté 2 : La liberté de redistribuer des copies — ce qui comprend la liberté de vendre des copies ;
  • Liberté 3 : La liberté d’améliorer le programme et de publier ses améliorations — ce qui suppose, là encore, l’accès au code source.

En dehors du fait que Richard Stallman a une étrange façon de compter en commençant par zéro, cette liste est pour le moins bizarre.

  • Liberté d’exécuter le programme : Oui, bien, ce n’est pas le cas de la plupart des logiciels ? Si Microsoft ne me laissait pas utiliser Windows, l’intérêt de créer le logiciel ne serait que très limité, et la société aurait fait faillite depuis bien longtemps.
  • Liberté d’étudier le fonctionnement du programme — ce qui suppose l’accès au code source : le logiciel propriétaire est livré avec une documentation complète, avec le logiciel libre l’utilisateur doit se démerder pour le comprendre en fouillant.
  • Liberté de redistribuer des copies : personnellement j’utilise mon ordinateur pour faire ce que j’ai à faire, j’ai aucune ambition de faire du business dans un domaine qui n’est pas le mien.
  • Liberté d’améliorer le programme et de publier ses améliorations : dans la théorie c’est magnifique, mais quel pourcentage infime des utilisateurs en est vraiment capable ?

Au final, on se pose la question de l’intérêt pour l’utilisateur de cette liste de prétendues « libertés ».

Che Stallman

Che Stallman

Mais n’allons pas trop vite, le libre, c’est aussi la communauté. Une communauté d’utilisateurs par les utilisateurs, pour les utilisateurs. Loin des vilains éditeurs de logiciels propriétaires où l’utilisateur enchaîné n’a droit que d’appeler le support technique à un numéro surtaxé.

Bon, ça c’est la théorie. En pratique, il vaut mieux ne pas demander trop d’aide, on vous renverra vite à la figure un « RTFM » ou « Google est ton ami ». Après tout, si on a crée des wikis, c’est bien pour quelque chose non ??
Irc, les forums, les listes de discussion ? Bah non, ça c’est pour discuter du reste, insulter une ènième fois Microsoft, lancer des questions métaphysiques sur le meilleur éditeur de texte, ou s’inquiéter du poids que Google prend sur internet (oui, le même Google que celui vers lequel on renvoie systématiquement pour une recherche…).

L’utilisateur en détresse n’aura d’autre choix que de se rabattre sur les quelques forums où l’on apporte encore une assistance réelle, et se retrouvera mélangé avec les utilisateurs de logiciels autant libres que propriétaires, sans grande distinction.
Mais ce n’est pas tout. Celui qui aura fait le choix du logiciel propriétaire et prêt à payer pour le support aura à sa disposition un moyen de contact avec l’éditeur, ou bien pourra retourner voir son vendeur en cas de problème insoluble. Le malheureux qui aura tenté d’économiser quelques sous se retrouvera bien seul. Bah oui, vu que tu payes pas, et qu’il n’y a pas d’entreprise identifiée derrière, tu te débrouilles !

Malgré ces quelques points de détails, certains logiciels libres sont une réussite. J’ai cité Firefox, OpenOffice.org, il y a aussi Linux… Mais qu’ai-je dit…? Les foudres de Dieu (RMS) vont s’abattre sur moi ! C’est « GNU/Linux » !
Quelle est la nuance ? Linux c’est le noyau du système d’exploitation, et GNU est un ensemble de logiciels qui doit le faire fonctionner. Mais alors GNU ce n’est pas un système d’exploitation indépendant comme prévu au début ? Non parce que finalement ça s’est avéré trop difficile de réaliser un noyau suffisamment libre, alors ce noyau libre toujours en développement s’appelle Hurd ce qui donnera un hypothétique GNU/Hurd, tandis que le système qui fonctionne relativement bien et qui mélange GNU et Linux mais qui est un peu moins libre que prévu est donc GNU/Linux. Vous suivez ?

Oui, parce que les logiciels libres, en plus d’être compliqués à utiliser, c’est compliqué d’en parler.

Saint Stallman

Saint Stallman

En réalité, qui utilise et promeut les logiciels libres ?
D’un côté, nous avons les utilisateurs d’ordinateurs comme vous et moi. Enfin presque. La plupart d’entre eux sont des jeunes r3b3lZ qui détestent faire comme tout le monde. Ils sont les 1337, l’élite, eux savent utiliser la ligne de commande, compiler leur noyau ! (alors que la plupart n’ont certainement jamais essayé). D’autres plus âgés n’ont jamais rien connu d’autre, et une remise en question de leurs usages est généralement hors de question.
De l’autre, un certain nombre d’associations, composées des membres décrits ci-dessus, font la guerre au logiciel « privateur ».

Parmi ces associations, il y a celle qui a été créée par Richard Stallman justement (visiblement, la « liberté » n’inclut pas celle d’avoir des leaders qui se renouvellent). La Free Software Foundation, la FSF. Son principal but, en dehors de dénoncer les logiciels non-libres, est de faire la guerre à des projets pas assez « libres » à son goût :

  • Un conflit oppose Richard Stallman à Linus Torvalds, le créateur de Linux : ce dernier, selon RMS, défendrait trop la qualité du logiciel par rapport à l’idéologie sous-jacente. En gros, on s’en fiche que le logiciel soit bien ou pas, l’essentiel c’est qu’il soit libre.
  • Le procès contre Free, le fournisseur d’accès à internet Français, accusé de se servir de logiciels libres dans ses Freebox (comme à peu près tous les FAI en fait) sans rajouter un petit papier dans le carton qui fait de la pub pour la GNU/GPL (le comble pour quelqu’un qui s’appelle « libre », au bûcher !)
  • Récemment, l’association incitait les utilisateurs de distributions GNU/Linux (évitons de prendre des libertés avec le nom une seconde fois) suffisamment libres à y faire la chasse à du code non libre qui s’y serait caché. Le tout en rémunérant les chasseurs chanceux avec de faux billets « GNU » (l’argent réel, c’est probablement trop capitaliste).

Le mot « libre » est-il privé de sa liberté ?

Photos : nitot, NicoBZH


2 Responses to “Les utilisateurs de logiciels libres”


Je comprend pas bien le sens de ce poste qui aurait pu être intéressant.

Je ne voit que une critique sur le thèmes : c’est dégueulasse, on à pas le droit de dire Linux, on est obligé de dire Gnu/Linux ..

En pratique, il vaut mieux ne pas demander trop d’aide, on vous renverra vite à la figure un « RTFM » ou « Google est ton ami ». Tu rigole ? http://www.agendadulibre.org/listevents.php?tag=install-party et encore sans compter toutes les conf débutants …. et en irl.

pour le support aura à sa disposition un moyen de contact avec l’éditeurTu as déjà contacté un support commercial ? Je l’ai fait pour microsoft et sage … sur une ligne surtaxé pour le 1er, si ca sort du cadre de la licence (en gros, il me refuse ma licence parceque je vient de changer de CG), aucune réponse. Par contre, contacter le dév d’un LL peut amener à des changements dans le Logiciel en lui même (voir les ideas sur ubuntu ou sur limesurvey par exemple)

Sans compter que pour l’entreprise dans lequel je travail, nous avons un asterisk avec un contrat de mainetance pour tous les problèmes. Précédemment nous avions un PABX propriétaire avec une licence annuelle supérieure (x4) au cout du contrat de maintenance.

etc … etc …


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